“L'on projette toujours dans le héros ce qu'on est, ou ce que l'on aimerait être.” Gérard de Villiers

Collection SAS

 

En août 1964, quelques jours après la mort d'Ian Fleming, l'éditeur Philippe Daudy (maison Plon) défie Gérard de Villiers d'imaginer un nouveau héros récurrent pour reprendre le flambeau du roman d'espionnage. Naît alors Malko Linge, aristocrate autrichien désargenté (Son Altesse Sérénissime), engagé comme contractuel par la CIA. Le premier tome, "SAS à Istanbul" paraît en 1965. Contrairement à 007, Malko n'a ni gadgets, ni Q Branch, ni Q : l'espionnage se tient « à hauteur d'homme ». Ses ennemis sont des figures réelles — le KGB, l'OLP, les narco-trafiquants, les djihadistes — et les intrigues s'inspirent d'événements concrets.
De Villiers, qui voyageait beaucoup, développait un vaste réseau d'informateurs lui permettant parfois d'anticiper les crises géopolitiques, ce qui confère aux romans une aura de « roman-vérité ». Le New York Times Magazine le qualifiait d'« auteur le plus lu en France » et saluait sa « maîtrise de l'intrigue politique ».

La durée de vie de la série va de 1965 à 2013, 200 romans publiés, tirés à environ 200 000 exemplaires chacun, pour un total estimé de 150 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Qualifiés de « romans de gare », ils mêlent action, érotisme, violence et analyse géopolitique, souvent en lien direct avec l'actualité immédiate. Initialement chez Plon, la collection a ensuite été reprise par les Éditions Gérard de Villiers (fondées par l'auteur lui-même).

Les personnages récurrents autour de Malko Linge incluent : Alexandra Vogel – fiancée de Malko ; Elko Krisantem – majordome et homme de main ; Chris Jones et Milton Brabeck – agents de la CIA.

Il n'existe que deux adaptations cinématographiques de la série SAS, "SAS à San Salvador" en 1983 de Raoul Coutard et "SAS : L'Œil de la veuve" (Eye of the Widow) en 1991 de Andrew V. McLaglen. Six bandes-dessinées on fait l'objet d'une adaptation des aventures de SAS.